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Le fulgurant succès de Youssef El Bahri


Le croquis est harmonieux. Le trait, quant à lui, est juste, mesuré Les proportions équilibrées. Pour l'ensemble de son oeuvre, les tons sont puisés dans un environnement qui nous est familier. Les couleurs ocre et brune, avec çà et là, quelques touches de blanc, dominent assurément ses toiles. Ce choix délibéré des "couleurs fondamentales du Maroc » comme aiment àles appeler les inconditionnels de l'orientalisme, le rapproche sans cesse de cette école qui a produit, au Maroc, quelques grands noms aussi célèbres que Majorelle, Pontoy, ... et autres comme Mantel. Sa source d'inspiration est avant tout le traditionnel, depuis l'architecture jusqu'aux sites où dominent les marabouts, sanctuaires d'une tradition et d'une culture millénaires qui traversent notre histoire et lui donnent ce cachet particulier que seuls des artistes de talent ont su valoriser.

C'est aussi le traditionnel qui domine les scènes qu'il fige sur la toile, parfois les visages quand il s'applique à leur donner, avec force de détails, une expression particulière qui les rattache indubitablement à la campagne marocaine. En un trait, un croquis, il nous offre l'immensité de la culture marocaine. Assurément, et malgré son jeune âge, Youssef El Bahri est de l'étoffe des grands artistes. Pas besoin d'interroger davantage ses toiles pour deviner que, bientôt, l'artiste tutoiera la célébrité. Déjà, du haut de ses 22 ans, il déborde d'activité. Ce qui caractérise sa brève carrière, c'est qu'il a connu un succès fulgurant qui tient autant au caractère et à la personne même de l'artiste qu'à la qualité de son oeuvre. Puîné d'une petite famille de 2 enfants, originaire de Errachidia mais qui a toujours vécu à Rabat, il évolue dans un cadre harmonieux. De condition physique plutôt fragile, il n'est pas attiré par le sport ou les jeux de groupe Pour lui, le loisir c'est autre chose. Très tôt, il marque son penchant pour l'art et plus particulièrement la peinture, sans que cet attrait ne soit, à aucun moment, brimé par son entourage. C'est de bon augure pour qui se destine à la peinture dans un monde qui n'est pas traditionnellement sensible à ce mode d'expression. Bon élève dans l'ensemble, il confirmera tout au long de son parcours scolaire, une attirance de plus en plus marquée pour le dessin et la peinture. Pour lui, tout support, qu'il s'agisse des murs de la maison, des bouts de carton, des feuilles de papier, est bon pour qu'il s'exprime à travers le dessin et les couleurs. Par ailleurs, il est fan assidu de l'émission de Cherifa El Himmari, dans laquelle l'art plastique occupe une place importante. A force de travail et de persévérance, il réussira à faire diffuser un de ses tableaux par la télévision. De cette diffusion, il garde une réelle fierté surtout que depuis, il s'est lié d'amitié avec l'équipe qui animait l'émission.

Au niveau de sa formation, il intègre la filière "arts plastiques" au lycée des Orangers qu'il quittera pour des raisons d'incompatibilité d'humeur avec un professeur. Mais ce qu'il convient de souligner ici, c'est que malgré cette rupture brutale qui le marque, il est d'un niveau qui lui permet de briguer des inscriptions dans des écoles étrangères prestigieuses de Beaux Arts. Il est ainsi accepté dans les écoles de Bordeaux et Montpellier, mais ses moyens ne lui permettront pas de réaliser son rêve et de parfaire sa formation. Cet incident de parcours le ramène à la réalité. Si la peinture est sa passion, il sait qu'il ne pourra en vivre, du moins dès le départ. Aussi s'oriente-t-il vers des filières susceptibles de favoriser son intégration dans le monde du travail. Et pour lui, c'est tout naturellement vers le design qu'il se tourne. Pour ce qui est de sa production artistique, elle est en pleine évolution. Aujourd'hui, il travaille la matière avec comme support d'inspiration, la figuration teintée d'une forte dose d'abstraction. Partant d'une scène traditionnelle, il se laisse glisser vers le mélange des formes et des couleurs. Le résultat est brillant, avec des oeuvres d'une singulière inspiration et, surtout, d'une très haute qualité technique. Ce qui est surprenant chez lui, c'est cette aisance à mêler, sur une même toile et dans une même scène, le figuratif impressionniste, l'hyperréalisme et l'abstrait. Pour réussir une telle alchimie, il faut être doté d'un talent certain. Et c'est le cas. D'ailleurs, s'il est une caractéristique qu'il fallait retenir de sa dizaine d'expositions, c'est le succès toujours grandissant qu'il rencontre. Mais Youssef El Bahri, ce n'est pas que cela. Une autre facette importante du personnage, mérite que l'on s'y arrête. A 22 ans, il a déjà un long parcours dans le monde associatif et dans le monde de la solidarité. A plusieurs reprises en effet, Youssef El Bahri a donné de son temps, de son talent, pour aider les enfants malades, en exposant à leur profit, en leur enseignant la peinture. Il lui arrive souvent de consacrer plusieurs journées aux jeunes élèves pour les sensibiliser à l'art et, plus particulièrement, à la peinture. Entre son talent et la solidarité dont il fait preuve, il reste un des artistes que l'on gagne à connaître.