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Formes et lumières d'Alain Capouilliet
Coup de foudre à Rabat
Fraîchement débarqué de son Hexagone natal, il a littéralement été envoûté par la lumière, les couleurs et les scènes folkloriques du Maroc. Il n’a pas longtemps hésité avant d’arrêter son choix.
C’est ici et nulle part ailleurs qu’il libèrera sa force créatrice, insiste sa biographie.
Autodidacte, Alain Capouilliet ne saurait fixer le moment de son atrait pour les arts picturauw. C’est un penchant inné depuis son plus jeune âge, vers huit ans environ, que ses proches remarquent ses talents de peintre. A cet âge déjà, il marque une nette préférence pour l’œuvre de Modigliani. Bien qu’enfant, il n’en a pas moins un œil critique. Il peint des portraits et se hasarde même à peindre des nus. C’est un peu tôt peut-être, mais c’est aussi à cette aune que se mesure la profondeur des talents. Ce qui retient son attention, ce sont les couleurs, les formes et l’harmonie qui se dégage des toiles du grand maître. Malgré son cheminement dans le monde de l’art, il restera toujours attaché à l’œuvre de Modigliani.
Mais cette filiation qu’il défend jalousement n’est pas exclusive. En effet, quelques années plus tard, il peint des natures mortes et des paysages selon les techniques éprouvées de VanGagh ou de Cézanne.
Quand il a 12 ans, il décide de changer de registre et même si le figuratif et l’impressionnisme constituent les fondements de sa technique, il se prête quelques temps à la peinture abstraite.
Ce sera le temps d’un printemps et même s’il compose à cette époque des œuvres de grande qualité, il revient très vite à ses premières amours.
En réalité, Alain Capouilliet est à la recherche d’une voie qui sera, on le devine, apparentée à celle de l’école impressionniste et des courants de peintures qui se sont greffés à cette école. Mais ce qui est remarquable, c’est que dans cette quête identitaire qui aurait pu l’épuiser avant de l’engloutir, il arrive à marquer sa différence et à se faire une place. C’est ainsi qu’à 17 ans, il participe à une exposition de groupe où il obtient le deuxième prix de peinture. Trois ans plus tard, à 20 ans, il organise sa première exposition individuelle qui connaît un réel succès et se concrétise par la vente de l’ensemble des œuvres exposées. Et depuis, les expositions s’enchaînent. Ce quinquagénaire peut se targuer d’avoir à son actif plus de 150 expositions collectives ou individuelles dans plusieurs pays, dont la France bien sûr, mais aussi de nombreux pays européens et les Etats-Unis…
AGIR PAR ETAPES
La technique d’Alain Capouilliet a beaucoup évolué avec le temps. Aujourd’hui, pour réaliser une œuvre, il agit par étapes. De la prise de vue d’un site qu’il compose lui-même, il passera au croquis ou à l’esquisse qui peut lui prendre un temps relativement long. Puis, après un temps, il couchera sur la toile les couleurs dominantes, les fonds, avant de se consacrer au sujet même de sa toile. Sa matière préférée est la peinture acrylique, plus moderne et plus pratique (…)
Alain Capouilliet est un savant dosage de tendance. Partant de l’mpressionnisme , il s’est lentement rapproché de l’école réaliste, se laissant parfois conquérir par l’école hyperréaliste. Dans l’hyperréalisme, il compte des œuvres majeurs qui ont largement contribué à asseoir sa notoriété. Mais le style dans lequel il excelle manifestement, est celui du mélange subtil qu’il arrive à instaurer sur ses toiles entre le détail d’un personnage ou d’un visage et les grands traits fondus et colorés d’une scène qu’il fige sur son support. C’est, en définitive, un style qui lui est propre et qui trouve une source d’inspiration inépuisable au Maroc.
Entre les couleurs vives arborées par sa population, la luminosité quasiunique du soleil, son patrimoine architectural et plus largement encore culturel, Alain Capouilliet a trouvé sur les bords du Bouregreg, la lumière qui illuminera désormais ses toiles.
Installé depuis peu à Rabat, il montre ses toiles «marocaines».
Des scènes folkloriques traditionnelles à la vie trépidante des médinas, il saura assurément nous éblouir de cette luminosité que nous ne savons plus voir.
L'opinion du vendredi 24 juin 2005
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